Paris je t’aime, mais je te quitte

Aujourd’hui j’avais envie d’écrire un billet un peu spécial, un peu plus intime, pour vous raconter pourquoi j’ai récemment quitté Paris. Et parce que je considère ce passage de ma vie comme un voyage qui m’a marqué pour toujours.

Entre Paris et moi, il y a eu des hauts et des bas. J’avais 23 ans quand j’ai quitté ma région lyonnaise pour aller m’installer à Paris. Apres mes études de journalisme, je n’avais guère d’autres choix que d’aller chercher du travail “là où tout se passe”, dans la capitale.

C’est dans le 17ème arrondissement que j’ai posé mes valises. Dans le quartier des Batignolles plus exactement. À l’époque, j’étais stagiaire dans une rédaction web. J’avais toujours rêvé de devenir journaliste mode, j’étais donc dans la ville de tous les possibles. C’était l’endroit parfait pour débuter ma carrière.

Je me suis donc mise à vivre comme une vraie parisienne. Je courais dans le métro, je faisais la queue pour aller dîner dans le dernier resto à la mode, j’allais au ciné, au musée, ou m’entasser sur une terrasse de café. Côté boulot, j’avais la chance de rencontrer du beau monde et d’assister à la Fashion Week de Paris. C’était la grande vie. J’avais beau vivre dans un 14m², je goûtais aux joies de l’indépendance dans une ville grouillante, palpitante et branchée. J’aimais Paris, et elle me le rendait bien.

Je ne saurais me remémorer exactement le moment où j’ai commencé à ne plus aimer Paris. Au bout de quelques mois, ou quelques années, j’ai observé chez moi un changement de comportement. Je devenais plus speed, plus agressive, plus anxieuse. J’avais de plus en plus de mal à supporter la concentration de population, les bruits incessants des klaxons, les coups de coudes dans le métro… Paris m’oppressait, et le stress ambiant a commencé à avoir des répercussions sur ma santé.

Peut-être n’étais-je par prête à être jetée ainsi dans la jungle parisienne ? Moi qui pensais être une citadine, j’étais cruellement en manque de verdure, de calme, d’espace. Plus le temps filait, plus l’envie de quitter Paris me paraissait évident. J’étais venue ici pour commencer ma carrière, je n’avais aucune intention de faire ma vie dans ce monde de macadam. Après quatre ans de vie commune, j’en étais désormais convaincue : Paris n’était pas la ville faite pour moi.

J’ai donc forcé le destin en envoyant des candidatures à Lyon. Et puis tout est allé très vite : une démission et un déménagement plus tard, j’étais de retour dans la région où j’ai grandi. J’ai volontairement attendu quelques mois avant d’écrire ces mots, afin d’avoir le recul nécessaire sur mon ressenti par rapport à mon nouveau choix de vie. Je peux donc affirmer aujourd’hui que je suis heureuse d’avoir quitté Paris.

À Lyon, j’ai retrouvé le temps de vivre. J’ai arrêté de courir partout, de stresser pour rien, de m’énerver dans les transports en commun. Lyon n’offre peut-être pas les mêmes opportunités que Paris (au niveau professionnel ou culturel), mais j’ai choisi de privilégier la qualité de vie. J’ai suivi mon cœur et mon instinct qui me disaient de tout quitter pour mieux recommencer ailleurs. Je n’avais pas envie de finir comme tous ces Parisiens qui démarrent leur carrière dans la capitale et qui n’arrivent plus à bouger ensuite. Il fallait prendre la fuite avant qu’il ne soit trop tard.

Je mentirais si je vous disais que Paris ne me manque pas par moments. Cette ville m’a beaucoup apporté. Elle a mis sur ma route des personnes formidables. Elle a façonné la personne que je suis. Alors que j’écris ces lignes, je suis submergée par les bons souvenirs, et je réalise que j’ai fais la paix avec Paris. Je l’aime à distance, je lui suis reconnaissante, et lorsque je la retrouverais, j’espère ressentir à nouveau cet émerveillement qui caractérise les touristes lorsqu’ils découvrent pour la première fois la capitale, les yeux pleins d’étoiles.

Mais l’histoire d’amour entre Paris et moi est belle et bien finie.

Paris, je suis désolée de t’avoir quittée.

C’était pas toi, c’était moi.

Leave A Reply

Navigate